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Dans le cancer colorectal
Lonsurf est une association par voie orale de trifluridine (antinéoplasique analogue nucléosidique de la thymidine) et de tipiracil, qui freine la dégradation de la trifluridine. Présenté en deux dosages qui peuvent être associés, Lonsurf est une alternative à Stivarga (régorafénib) dans le traitement en deuxième ligne du cancer colorectal métastatique.
INDICATIONS
Lonsurf est indiqué dans le traitement du cancer colorectal métastatique chez les patients adultes qui ont été précédemment traités par les traitements disponibles (fluoropyrimidine, oxaliplatine, irinotecan, agents anti-VEGF ou anti-EGFR), ou qui ne sont pas éligibles à ces traitements.
POSOLOGIE
La dose initiale recommandée est de 35 mg/m2/dose, sans dépasser 80 mg par dose. Cette dose est administrée deux fois par jour, matin et soir.
La réduction des doses (trois au maximum) est autorisée si nécessaire, sans descendre sous la dose minimale de 20 mg/m2 deux fois par jour. La dose ne devra pas être ré-augmentée par la suite.
Le schéma de traitement se fait sur un cycle de 4 semaines avec une prise biquotidienne de J1 à J5 et de J8 à J12 (soit au total 10 jours de traitement pendant les deux premières semaines), puis aucune prise pendant les deux semaines suivantes.
Prendre les comprimés avec un verre d’eau dans l’heure qui suit la fin des repas du matin et du soir.
CONTRE-INDICATIONS
Lonsurf ne doit pas être pris en cas d’hypersensibilité à l’un des actifs ou excipients (présence de lactose contre-indiquant son utilisation par les patients atteints de galactosémie congénitale, ou qui présentent une intolérance au lactose ou un syndrome de malabsorption du glucose et du galactose).
L’administration de Lonsurf n’est pas recommandée en cas d’insuffisance rénale sévère ni chez les patients en stade terminal d’une pathologie rénale. Idem en cas d’insuffisance hépatique modérée ou sévère.
GROSSESSE ET ALLAITEMENT
La grossesse doit être évitée pendant le traitement et pendant les six mois qui suivent son arrêt, car la trifluridine peut provoquer des lésions fœtales.
Les femmes en âge de procréer doivent donc utiliser une contraception hautement efficace pendant le traitement et jusqu’à 6 mois après son arrêt. L’action de Lonsurf sur les contraceptifs hormonaux n’est pas connue. Les femmes qui prennent une contraception hormonale doivent également avoir recours à une méthode de contraception mécanique.
Les patients masculins dont la partenaire est en âge de procréer doivent aussi utiliser une contraception efficace pendant le traitement et jusqu’à 6 mois après son arrêt.
L’allaitement doit être interrompu pendant le traitement.
EFFETS INDÉSIRABLES
Les effets indésirables les plus graves sont la myélosuppression et la toxicité gastro-intestinale.
Une neutropénie, des nausées, de la fatigue, une anémie, une leucopénie, une perte d’appétit et des diarrhées sont très souvent observées pendant le traitement.
De nombreux autres effets secondaires sont également fréquents : infections respiratoires, céphalées, étourdissements, dyspnée, affections buccales, alopécie, protéinurie, fièvre, malaises…
INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
Prudence lors de l’utilisation concomitante de médicaments antiviraux substrats de la thymidine kinase humaine (zidovudine, par exemple) : risque de diminution de l’efficacité de l’agent antiviral.
SURVEILLANCE PARTICULIÈRE
Hémogramme complet avant l’initiation du traitement, puis autant que nécessaire pour contrôler la tolérance du traitement, et au minimum avant l’initiation de chaque nouveau cycle de traitement.
Surveillance de la protéinurie par bandelette réactive avant l’instauration et au cours du traitement.
Surveillance clinique étroite, notamment en cas de troubles gastro-intestinaux ou de contexte de myélosuppression.
– Ne pas compenser les doses oubliées ou non prises.
– Se laver les mains après avoir manipulé les comprimés.
Remb. SS à 100 %.
•Trifluridine 15 mg et tipiracil 6,14 mg pour un comprimé pelliculé, rond, biconvexe et blanc :
– Boîte de 20 comprimés, 573,72 €, AMM : 34009 300 577 7 3
– Boîte de 60 comprimés, 1645,15 €, AMM : 34009 300 577 9 7•Trifluridine 20 mg et tipiracil 8,19 mg pour un comprimé pelliculé, rond, biconvexe et rouge pâle :
– Boîte de 20 comprimés, 752,29 €, AMM : 34009 300 578 0 3
– Boîte de 60 comprimés, 2151,47 €, AMM : 34009 300 578 2 7
Commande directe au laboratoire Servier : 0 800 084 213
Les prix sont mentionnés hors honoraires de dispensation.
– Service médical rendu faible
– Pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V)
– Population cible comprise entre 6 400 et 7 800 patients par an
– Liste I
– Prescription hospitalière.
– Prescription initiale et renouvellement réservés aux spécialistes en oncologie ou aux médecins compétents en cancérologie.
– Surveillance particulière pendant le traitement
1 COMMENT AGIT LE MÉDICAMENT ?
La trifluridine (ou trifluorothymidine = TFT) est un analogue nucléosidique de la thymidine. Une fois dans les cellules cancéreuses, elle y est triphosphorylée par des thymidine-kinases puis intégrée à leur ADN. Elle interfère alors avec les fonctions de l’ADN et empêche la prolifération des cellules tumorales.
Toutefois, elle est rapidement dégradée par la thymidine-phosphorylase (TPase) par effet de premier passage hépatique après administration orale.
Le tipiracil, un inhibiteur de la TPase, lui est associé pour limiter cette dégradation et augmenter ainsi l’exposition à l’antitumoral.
Dans des études non cliniques, l’association trifluridine/tipiracil a démontré son activité antitumorale sur des lignées cellulaires de cancer colorectal sensibles au 5-fluorouracile (5-FU) et sur des lignées résistantes au 5-FU.2 SON ACTION EST-ELLE ORIGINALE ?
Non. La trifluridine est un analogue nucléosidique (pyrimidique) proche de molécules indiquées dans le traitement local ou systémique d’infections virales (herpès, hépatite B, VIH). Il s’agit plus précisément d’un analogue de la déoxyuridine déjà exploité dans une spécialité d’usage local (Virophta, indiqué dans le traitement des atteintes oculaires herpétiques). Une fois phosphorylée, la trifluridine agit comme antimétabolite, à l’instar, entre autres nombreux exemples, de l’azathioprine ou de la mercaptopurine.
Le tipiracil est en revanche innovant, même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’une molécule thérapeutique.3 QUEL EST LE VERDICT DES ÉTUDES CLINIQUES ?
Une étude de phase III randomisée en double-aveugle a comparé l’association trifluridine/ tipiracil au placebo chez 800 patients présentant un cancer colorectal métastatique avec progression de la maladie après usage de toutes les lignes de traitements standards recommandés.
L’analyse de la survie globale a montré une médiane de survie globale de 7,1 mois dans le bras actif vs 5,3 mois dans le bras placebo, soit un gain absolu de 1,8 mois. Aucune différence de pertinence clinique n’a été observée entre les deux groupes sur la médiane de survie sans progression (différence en valeur absolue de 9 jours seulement) et sur le temps de survenue de l’échec au traitement (différence en valeur absolue de 6 jours). Le taux de réponse globale n’a pas été différent entre les deux bras. De plus, il n’existe pas de données de qualité de vie selon une échelle validée, ou d’autres données permettant d’apprécier le bénéfice clinique de l’association trifluridine/tipiracil dans cette situation (comme par exemple l’évolution du score de la douleur). Denis Richard

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