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Rapport parlementaire : Il faut arrêter de banaliser les psychotropes

Publié le 8 juillet 2006
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Un rapport parlementaire*, présenté le 29 juin, pointe du doigt la banalisation croissante des médicaments psychotropes en France. 11 % des assurés sociaux en consomment régulièrement. Un Français sur trois en a déjà pris. L’assurance maladie y consacre 1 milliard d’euros de remboursement par an dont 250 millions seraient pourtant prescrits hors indications. Huit prescriptions sur dix émanent de généralistes et beaucoup ne respectent pas les recommandations, s’inquiète la députée Maryvonne Briot, auteur du rapport : « On observe à la fois des problèmes de consommation pendant des durées excessivement longues et des phénomènes de traitements insuffisants. »

L’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé propose 14 recommandations afin d’améliorer l’usage des psychotropes. Une première série est destinée aux médecins : adapter leur formation initiale et continue afin d’assurer un meilleur respect des recommandations de bonnes pratiques, que celle-ci soit assurée par des organismes publics et non pas seulement par les laboratoires. Un deuxième volet de recommandations se penche sur les soins en santé mentale, avec en particulier un développement de la coordination entre généralistes et psychiatres dans la prise en charge des troubles psychiatriques.

Le rapport préconise de développer le suivi pharmacoépidémiologique, de systématiser les études d’évaluation bénéfices/risques en situation réelle et envisager systématiquement, lors du renouvellement d’une prescription de psychotropes, la possibilité d’une consultation psychologique ou psychiatrique. Enfin, Maryvonne Briot suggère la mise en oeuvre de campagnes d’informations.

* « Le bon usage des médicaments psychotropes », disponible sur http://www.assemblee-nationale.fr.

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