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La Cour des comptes veut contraindre les médecins

Publié le 16 septembre 2011
Par Isabelle Guardiola
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Dans son rapport sur la Sécurité sociale, la Cour des comptes n’épargne pas non plus les médecins (voir pp. 8 et 9). Son bilan pointe la persistance des inégalités de répartition sur le territoire : «  De grandes disparités se marquent entre pôles urbains et zones rurales isolées, ainsi qu’entre les centres des villes et certaines banlieues difficiles. » Ces différences s’accentuent au sein d’une même région, à l’échelle départementale et sur certaines spécialités (ophtalmologie, pédiatrie, gynécologie).

Plafonner le montant des aides financières

Selon le rapport, ni les dispositifs de régulation (modulation régionale du numerus clausus et des postes offerts aux épreuves classantes nationales), ni les mesures financières incitatives n’ont permis de repeupler les zones sous-dotées. La Cour recommande, face à la «  totale liberté des médecins », des mesures plus coercitives : plafonnement du montant des aides financières à l’installation, modulation de la prise en charge des cotisations des médecins par l’assurance maladie, en fonction de leur choix d’installation, y compris pour ceux déjà en place. «  On ne peut pas pénaliser un médecin travaillant bien et s’étant installé à une période où l’on avait certainement besoin de lui », affirme Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français. Il estime que la modulation de la prise en charge incitera, dans les zones denses, à travailler en secteur 2. S’il reconnaît la gravité du désintérêt des étudiants pour la médecine générale, Michel Chassang conteste les mesures qui forceraient un jeune à s’installer dans une zone peu attractive : «  C’est un problème plus global d’aménagement du territoire. »

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