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Déremboursements : Le bénéfice du doute

Publié le 5 juin 2004
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Vingt pour cent des prescriptions concernent des médicaments à SMR insuffisants, tous destinés à être déremboursés d’ici 2005. Quelle sera alors l’attitude du médecin ? Faut-il s’attendre à des transferts de prescription ? Les déremboursements seront-ils utiles ? Une étude du CREDES (sur 1 500 médecins), dont le but avoué est de suivre les pratiques médicales, pour mieux les encadrer, tente d’y répondre.

Trois scénarios y sont identifiés. En premier lieu quand la prescription n’a pas d’alternative thérapeutique, tous les produits remboursables de sa classe étant à SMR insuffisant. Cela concerne les expectorants par exemple. L’alternative semble être ici la « substitution » par des antibiotiques. Or il s’avère que ces ordonnances comprennent souvent les deux ! Il serait donc envisageable que les expectorants ne soient plus prescrits… sans report.

Deuxième possibilité : la prescription est reportée sur un produit à SMR supérieur de la même classe. Exemple : les traitements rhinologiques locaux. Le déremboursement n’aura d’impact sur le coût de la prescription que dans la limite du prix de la nouvelle spécialité.

Enfin, le report se fera sur un produit à SMR supérieur d’une autre classe. Dans l’insuffisance circulatoire cérébrale, les vasodilatateurs pourraient ainsi être « substitués » par des antiagrégants plaquettaires ou des hypolipémiants.

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Le CREDES conclut qu’il existe toujours une incertitude quant aux économies générées par les déremboursements. Or si la politique de déremboursement mise en oeuvre en 2003 a pour but de « concourir à une utilisation pertinente des médicaments en termes de santé publique », elle vise surtout à réduire les dépenses.