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La pancréatite aiguë médicamenteuse

Publié le 25 octobre 2019
Par Stéphanie Satger
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Inflammation aiguë du pancréas consécutive à la prise d’un médicament, la pancréatite aiguë médicamenteuse représente un effet indésirable rare (moins de 2 % des cas chez l’adulte) parfois grave. Cet incident est en général sous déclaré car il est souvent difficile d’établir le lien avec le principe actif.

Comment survient-elle ?

Il n’existe pas de facteur de prédisposition individuelle. Une pancréatite aiguë médicamenteuse peut survenir soit : – par effet direct, de type réaction immunoallergique ou effet toxique du médicament en cas de surdosage voire à dose thérapeutique ; – par effet indirect, le médicament impliqué favorise une situation à risque de pancréatite telle qu’une hypertriglycéridémie, une hypercalcémie, un angio-œdème, une ischémie, une thrombose intravasculaire ou encore une hyperviscosité du suc pancréatique.

Comment se caractérise l’atteinte ?

Quelle que soit l’origine, une pancréatite aiguë se traduit le plus souvent par l’apparition d’un œdème pancréatique. En général, il se caractérise par : – des douleurs épigastriques intenses d’installation rapide, atteignant leur maximum d’intensité en quelques heures. Elles sont permanentes et irradient dans le dos ou l’hypochondre droit. Elles sont soulagées par l’inclinaison du buste en avant ou la position allongée sur le côté gauche ; – des nausées et des vomissements ; – une augmentation des enzymes pancréatiques (lipase, amylase). Parfois, seule l’élévation sérique des enzymes (de 3 fois la normale) est retrouvée, sans manifestation clinique apparente, le terme « pancréatite biologique » est alors utilisé.

De diagnostic difficile, c’est le contexte de survenue et l’élimination des autres causes de pancréatites aiguës qui sous-tendent l’origine médicamenteuse.

Quelle est l’évolution et quels sont les traitements ?

Le plus souvent, l’inflammation évolue favorablement, avec une régression des signes cliniques à l’arrêt du médicament suspecté. Dans 15 % des cas, elle progresse vers la nécrose pancréatique. Le décès survient alors dans un contexte de fragilité (âge, immunosuppression, cancer, etc.).

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Il n’existe pas de traitement spécifique, seule l’interruption des prises permet de faire régresser les symptômes. La non-réintroduction représente la seule prévention. 

Sources : vidal.fr ; Eviter les effets indésirables par interactions médicamenteuses – comprendre et décider , fiche E6b, guide Prescrire édition 2019 ; «   Pancréatites aiguës d’origine médicamenteuse   », revue Prescrire , novembre   2013, tome 33, n°   361 ; P r Jean-Paul Bernard, «   Pancréatites médicamenteuses   », Association française de formation médicale continue en hépato-gastro-entérologie.

EN PRATIQUE AU COMPTOIR

– L’apparition de douleurs épigastriques intenses et de nausées dans un délai court (quelques heures à quelques jours) suivant la prise d’un médicament connu pour favoriser l’apparition de pancréatite aiguë (notamment chez un patient fragilisé) impose l’arrêt du médicament. Une consultation médicale rapide s’impose.
– Il existe une application, Pancreatox, qui propose une banque de données bibliographiques (en anglais) des troubles pancréatiques induits par les médicaments (plus de 400 médicaments y sont enregistrés).