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Trop de patients sous IPP

Publié le 9 janvier 2019
Par Anne-Hélène Collin
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Près d’un quart de la population française, soit 15,8 millions de patients, s’est vu prescrire des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) au moins une fois en 2015, dont près de 4 millions en primoprescription dans la prévention des lésions gastroduodénales dues aux AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens). C’est trop, pour l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) qui pointe les co-prescriptions ne suivant pas les recommandations en vigueur. « Dans 80 % des cas, aucun facteur de risque justifiant l’utilisation systématique d’un IPP en association avec un AINS n’était identifié », souligne l’Agence, qui se base sur les données du Système national des données de santé (SNDS). En effet, si l’âge du patient (> 65 ans) est l’un des facteurs de risque reconnus justifiant la prescription d’IPP avec un AINS (avec les antécédents d’ulcère gastrique ou duodénal et un traitement antiagrégant plaquettaire, anticoagulant ou corticoïde), dans l’étude, 56 % des patients avaient… moins de 65 ans.

« Il est important de ne pas banaliser l’utilisation des IPP », rappelle l’ANSM. Et pour cause : les IPP, généralement bien tolérés à court terme, sont à plus long terme associés à un sur-risque de cancer gastrique, de fracture de la hanche ou encore de démence chez le patient âgé. §

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