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Roselyne Bachelot doit trancher le nœud gordien du web

Publié le 17 avril 2010
Par Magali Clausener
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Le 8 avril dernier, les syndicats de pharmaciens s’épanchaient dans la presse. Pas question de vendre des médicaments sur Internet ! La veille, le ministère de la Santé les avait réunis avec l’Ordre et l’Afssaps. « Depuis 2003, l’arrêt Doc Morris rendu par la Cour européenne de justice permet la vente de médicaments non remboursables et de prescription facultative sur Internet. Il faut éventuellement adapter notre dispositif pour transposer cette jurisprudence », explique Fabienne Bartoli, adjointe au directeur général de l’Afssaps. Par exemple dans le cadre de l’automédication responsable (libre accès). Mais l’Afssaps n’a pas de « position sur le sujet ».

« Si on légalise des sites de vente, on va ajouter de la confusion dans l’esprit des internautes. Et, en regard du maillage territorial des officines, quel est l’intérêt d’acheter sur Internet pour être livré deux jours après ? », questionne Philippe Gaertner, président de la FSPF. Gilles Bonnefond s’interroge également : « Pourquoi vouloir appliquer la jurisprudence européenne cinq ans après ? Est-ce que cela correspond aux attentes des patients ? Est-ce pour favoriser la consommation ? » Le président délégué de l’USPO se dit, en revanche, favorable aux sites de pharmacies, à condition qu’ils soient labellisés par l’Ordre.

« Il faut bien différencier l’information sur Internet et l’utilisation du web pour de la vente à distance, laquelle impliquerait des changements réglementaires au niveau du Code de commerce, du Code de la santé publique et du code de déontologie », souligne Claude Japhet, président de l’UNPF.

« Nous demandons au ministère de légiférer »

« La question essentielle n’est pas la vente sur Internet – on devrait dire la dispensation sur Internet –, mais les pharmacies peuvent-elles avoir un site Internet et, si oui, selon quelles règles ?, déclare Isabelle Adenot, présidente de l’Ordre des pharmaciens. C’est la jungle sur Internet. Nous demandons au ministère de légiférer. » Une nouvelle réunion aura lieu début juin. « Mais on ne peut pas travailler sereinement s’il y a des fuites dans la presse grand public », ajoute Isabelle Adenot. A bon entendeur…

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