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Téléconsultation en GMS : la grogne prend une nouvelle tournure
L’annonce en grande pompe de l’arrivée d’un service de téléconsultation chez Monoprix, avec comme partenaire Tessan, continue de faire réagir. Au point de mettre en avant, en quelques jours sur les réseaux sociaux, une prestation similaire déjà bien rodée, cette fois dans une enseigne E.Leclerc avec comme prestataire Medadom.
Dans les faits, le buzz concerne la parapharmacie E.Leclerc de Gien (Loiret) équipée d’une borne Medadom depuis l’automne. Un service que le magasin avait mentionné dans un message diffusé sur Facebook en novembre dernier et illustré du logo Medadom. Eli-Dan Mimouni, cofondateur et Ceo (chief executive officer) de la startup, insiste sur le fait qu’il s’agit d’un « cas isolé » : « La société Medadom n’a jamais conclu d’accord de partenariat de quelque nature que ce soit avec le groupement E.Leclerc. Aujourd’hui, seule la parapharmacie E.Leclerc de Gien est équipée d’une borne de téléconsultation Medadom. […] C’est un cas isolé, qui ne se reproduira pas. (Cette signature est intervenue) au début de notre développement, en juillet 2020 pour une livraison en octobre. Nous n’avons jamais communiqué (à ce sujet) car nous ne sommes pas les partenaires de la GMS et encore moins de E.Leclerc. Nous souhaitons rester focalisés sur notre déploiement en officines », ajoute le dirigeant qui revendique « plus de 900 pharmacies » clientes.
Carte Vitale et carte bleue
Jointe au débotté au téléphone le 3 mai, l’équipe de la parapharmacie E.Leclerc de Gien précise que le service est accessible « sans rendez-vous de 9 heures à 19 heures. Il suffit de venir avec votre carte Vitale, votre carte bleue et votre téléphone portable. Ça prend en général 5 à 10 minutes pour joindre un médecin ». Et la personne de préciser : « Il y a une chaise, un casque et un isoloir pour éviter qu’on vous entende, vous aurez accès à des généralistes installés un peu partout en France […] et si le médecin le souhaite, il va pouvoir vous demander d’utiliser le stéthoscope, la loupe pour une maladie de peau, un autre instrument pour regarder dans les oreilles, ou demander une prise de tension ». La personne ne précise pas si un pharmacien s’occupe du patient.
Face à la sensibilité des pharmaciens sur le sujet, les fournisseurs ne tiennent visiblement pas à ce que leur nom soit associé à des enseignes de la GMS. Or, selon les prestataires opérant sur le marché français, les offres de téléconsultation sont aussi présentes dans certaines collectivités, maisons de retraite, au siège de grandes entreprises…. et même en ligne, depuis son canapé. Dès ce week-end, Laurent filoche, président de l’Union des groupements de pharmaciens d’officine (UDGPO), interpellait la profession sur LinkedIn : « Aux sociétés de téléconsultation, il est temps que notre profession pose la question : ami ou ennemi ?».
La bataille du moment concerne ouvertement trois points de vente en France.
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