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Amazon retail, suzetrigine, rivalité Novo Nordisk et Lilly… les actus à l’international
Amazon retail : un modèle en transformation
En 2024, la division retail d’Amazon, qui englobe l’e-commerce et les magasins physiques, a généré un chiffre d’affaires estimé à 470 milliards de dollars, représentant près de 74 % des revenus totaux de l’entreprise. Malgré une croissance modeste de 8 % par rapport à 2023, cette activité montre des signes de maturité et subit une pression croissante dans un marché de plus en plus compétitif.
L’e-commerce, pierre angulaire d’Amazon, reste robuste grâce à l’expansion des abonnements Prime, qui génèrent désormais 60 % des transactions en ligne. L’efficacité logistique, soutenue par des investissements dans l’automatisation et l’intelligence artificielle, continue d’être un avantage clé, permettant des délais de livraison toujours plus rapides. En parallèle, les catégories essentielles comme l’épicerie et les produits ménagers affichent une croissance stable, bien que celle-ci soit partiellement due à des hausses de prix modérées.
Cependant, la stratégie physique d’Amazon, avec Amazon Fresh et Whole Foods Market, peine à convaincre. Les ventes stagnent autour de 20 milliards de dollars, notamment en raison d’une concurrence féroce dans la grande distribution et d’un manque perçu d’innovation dans l’expérience client.
La pression sur les marges reste forte dans l’ensemble des activités retail. L’inflation des coûts logistiques et salariaux aux États-Unis oblige Amazon à trouver de nouveaux leviers d’efficacité. Des initiatives, comme l’automatisation des entrepôts et les technologies sans caisses, pourraient jouer un rôle crucial, mais leur impact reste à confirmer.
Si le retail reste le pilier historique du modèle Amazon, la croissance future dépendra de la capacité à innover dans un secteur en rapide évolution, où les attentes des consommateurs et la concurrence ne cessent d’augmenter.
Obésité et diabète : la rivalité entre Novo Nordisk et Lilly s’intensifie
En 2024, Novo Nordisk et Lilly continuent de dominer le marché des traitements contre l’obésité et le diabète, avec des performances record. Novo Nordisk affiche un chiffre d’affaires annuel de 290 milliards de couronnes danoises (38,9 milliards d’euros), en hausse de 25 %, notamment grâce au sémaglutide (Wegovy). Ce traitement, leader sur le segment de l’obésité, a vu ses ventes bondir de 57 % par rapport à 2023, notamment aux États-Unis, bien que son rythme de croissance ait ralenti au quatrième trimestre (+ 15 %). De son côté, Lilly a enregistré une progression impressionnante de 30 %, atteignant 45 milliards de dollars de ventes annuelles, grâce à son injectable Zepbound (tirzépatide). Ce dernier a généré 1,9 milliard de dollars au quatrième trimestre, soit une hausse spectaculaire de 52 % en trois mois, portée par des campagnes publicitaires agressives et des formats unidose vendus en ligne.
Mais la bataille entre les deux laboratoires s’étend au-delà des ventes. Lilly a récemment obtenu une extension d’indication pour le Zepbound, désormais recommandé aux États-Unis contre l’apnée du sommeil liée à l’obésité, et capitalise sur une étude clinique démontrant une meilleure efficacité de son produit par rapport au Wegovy pour la perte de poids. Novo Nordisk prépare sa contre-attaque avec des innovations : une version orale et des doses renforcées du sémaglutide, ainsi que de nouveaux essais cliniques pour son association Cagriséma, malgré des résultats initiaux mitigés. Chacun explore aussi des indications hors obésité, dans des domaines comme les maladies cardiovasculaires, la NASH ou Alzheimer.
Pour 2025, Lilly reste optimiste avec une prévision de croissance supérieure à 30 %, tandis que Novo Nordisk se montre plus prudent, anticipant une hausse de 16 à 24 %. En parallèle, Novo Nordisk se renforce sur la production grâce au rachat de trois sites de Catalent, opérationnel dès 2026. Avec ces avancées stratégiques et une concurrence acharnée, le duel entre les deux géants promet de continuer à transformer l’industrie pharmaceutique au cours des prochaines années.
La suzetrigine : un antidouleur prometteur face aux opioïdes
La suzetrigine, commercialisée sous le nom de Journavx, est un nouvel analgésique non opioïde récemment approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) pour le traitement des douleurs aiguës modérées à sévères chez l’adulte. Son mécanisme d’action innovant cible les canaux sodiques NaV1.8 du système nerveux périphérique, bloquant ainsi la transmission des signaux douloureux avant qu’ils n’atteignent le cerveau.
Cette approche permet de réduire le risque de dépendance associé aux opioïdes traditionnels, offrant une alternative prometteuse dans la gestion de la douleur, particulièrement cruciale dans un contexte marqué par la crise des opioïdes, qui a causé des centaines de milliers de décès par surdose en raison d’une utilisation abusive et d’une forte dépendance. Lors des essais cliniques, Journavx a démontré une réduction significative de la douleur postopératoire par rapport au placebo, avec des effets secondaires principalement légers, tels que des démangeaisons, des spasmes musculaires et des éruptions cutanées.
Cependant, son efficacité dans le traitement de la douleur chronique reste incertaine. Une étude de phase 2 sur des patients souffrant de douleurs nerveuses chroniques n’a pas montré de différence significative entre la suzetrigine et le placebo. Malgré cela, Vertex Pharmaceuticals prévoit de poursuivre les essais cliniques pour explorer davantage son potentiel thérapeutique.
Son approbation marque la première d’une nouvelle classe de médicaments antidouleur, suscitant l’espoir d’une gestion de la douleur plus efficace et moins addictive.
Vols à l’étalage : des chiffres en explosion
Le phénomène des vols à l’étalage atteint des records au Royaume-Uni. Selon le British Retail Consortium (BRC), les pertes dues à ces infractions ont dépassé 2,2 milliards de livres sterling entre septembre 2023 et août 2024, un chiffre sans précédent. Parallèlement, les violences contre le personnel des magasins ont bondi de 50 % en un an, avec 45 000 incidents signalés, dont plus de 25 000 impliquant une arme. « La criminalité en magasin est hors de contrôle », a alerté Helen Dickinson, directrice générale du BRC, appelant à une action rapide pour protéger les trois millions de salariés du secteur.
Ce constat inquiétant ne se limite pas au Royaume-Uni. En France, les vols à l’étalage enregistrés par les forces de l’ordre ont augmenté de 14,7 % en 2022, reflétant une tendance préoccupante. En Belgique, 24 021 incidents ont été signalés en 2023, un record depuis dix ans, marquant une hausse de 3,24 % par rapport à l’année précédente.
Cette recrudescence est attribuée à plusieurs facteurs : la crise du coût de la vie, l’inflation des prix alimentaires, mais aussi la multiplication des caisses automatiques, qui facilitent ces délits. En réponse, les acteurs du secteur appellent à renforcer les mesures de sécurité dans les commerces, face à un phénomène qui touche désormais toute l’Europe.
New York : vers plus de transparence pour les PBM
L’État de New York pourrait bientôt imposer une transparence inédite aux gestionnaires de prestations pharmaceutiques (PBM ; Pharmacy Benefit Managers). Une proposition budgétaire, soutenue par la gouverneure Kathy Hochul et présentée le 1er avril dernier, vise à obliger ces intermédiaires à révéler publiquement les bénéfices qu’ils tirent des rabais négociés avec les fabricants de médicaments.
Ces exigences marqueraient un tournant, les PBM jouant un rôle clé dans la chaîne d’approvisionnement des médicaments sur ordonnance, un marché qui dépasse 152 milliards de dollars par an aux États-Unis. Chargés de négocier les prix pour le compte des employeurs et des assureurs, ces acteurs sont de plus en plus critiqués pour leur opacité. Les pharmaciens indépendants, en particulier, dénoncent des taux de remboursement jugés injustes, qui mettent en péril la survie de nombreuses officines.
Cette initiative s’inscrit dans une tendance nationale : plusieurs États américains cherchent à réguler davantage les PBM, accusés d’alimenter la hausse des coûts des médicaments tout en captant une part importante des bénéfices. Un débat crucial, alors que les prix des médicaments restent une préoccupation majeure pour les patients et les professionnels de santé.
Robert F. Kennedy Jr. confirmé à un poste clé… malgré les polémiques
La nomination de Robert Kennedy Jr., 71 ans, au ministère de la Santé, a été validée par le Sénat, jeudi 13 février. Soutenu par les 14 membres républicains d’une commission contre 13 démocrates opposés, RFK Jr. a donc été confirmé par l’ensemble des sénateurs, un processus simplifié par la majorité républicaine à la chambre haute. Cette étape marque l’aboutissement d’un parcours atypique pour cet ex-démocrate devenu allié de Donald Trump après une candidature présidentielle indépendante.
Ancien avocat en droit de l’environnement, le neveu de « JFK » dirige désormais un ministère employant 80 000 personnes. S’il promet de « rendre à l’Amérique sa santé » (« Make America Healthy Again »), un slogan inspiré de Donald Trump (« Make America Great Again »), son soutien à des théories conspirationnistes – notamment un lien contesté entre vaccination et autisme – a provoqué l’indignation des démocrates. Auditionné, il a nié être « antivaccin », plaidant pour la « sécurité » des vaccins, mais ses propos passés continuent d’alimenter la controverse.
Malgré ces critiques, Robert Kennedy Jr. est salué pour son combat contre la malbouffe et les géants pharmaceutiques, ralliant des soutiens des deux camps. Donald Trump, qui l’a adoubé, a rappelé sur Truth Social : « On a besoin de Bobby ! »
New York : vers plus de transparence pour les PBM
L’État de New York pourrait bientôt imposer une transparence inédite aux gestionnaires de prestations pharmaceutiques (PBM ; Pharmacy Benefit Managers). Une proposition budgétaire, soutenue par la gouverneure Kathy Hochul et présentée le 1er avril dernier, vise à obliger ces intermédiaires à révéler publiquement les bénéfices qu’ils tirent des rabais négociés avec les fabricants de médicaments.
Ces exigences marqueraient un tournant, les PBM jouant un rôle clé dans la chaîne d’approvisionnement des médicaments sur ordonnance, un marché qui dépasse 152 milliards de dollars par an aux États-Unis. Chargés de négocier les prix pour le compte des employeurs et des assureurs, ces acteurs sont de plus en plus critiqués pour leur opacité. Les pharmaciens indépendants, en particulier, dénoncent des taux de remboursement jugés injustes, qui mettent en péril la survie de nombreuses officines.
Cette initiative s’inscrit dans une tendance nationale : plusieurs États américains cherchent à réguler davantage les PBM, accusés d’alimenter la hausse des coûts des médicaments tout en captant une part importante des bénéfices. Un débat crucial, alors que les prix des médicaments restent une préoccupation majeure pour les patients et les professionnels de santé.
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