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Alvesco
Cette solution pour inhalation renferme un nouveau principe actif, le ciclésonide. Il appartient à la classe des corticoïdes inhalés antiasthmatiques, qui comprend déjà la béclométasone, le budésonide, la fluticasone et la mométasone.
Indications
Alvesco est indiqué dans le traitement continu de l’asthme persistant chez l’adulte et l’adolescent de 12 ans et plus. Son utilisation chez les moins de 12 ans n’est pas recommandée en raison de données insuffisantes sur l’efficacité et la sécurité dans cette tranche d’âge.
Mode d’action
Le ciclésonide possède une affinité faible pour les récepteurs aux glucocorticoïdes. Après son inhalation par voie orale, la molécule est métabolisée au niveau des poumons. Son métabolite actif est le C21-déméthylpropionyl-ciclésonide, qui possède un effet anti-inflammatoire important.
Posologie
La dose recommandée pour Alvesco est de 160 µg une fois par jour. Cette posologie assure un contrôle de l’asthme chez la plupart des patients. La prise d’Alvesco a lieu de préférence le soir. Une prise le matin peut être autorisée par le médecin dans certains cas cliniques.
Une dose réduite de 80 µg une fois par jour d’Alvesco peut être suffisante en traitement d’entretien chez certains patients.
La chambre d’inhalation AeroChamber Plus pourra être utilisée pour l’administration d’Alvesco en cas de difficulté de synchronisation main/poumon.
Contre-indications
Alvesco ne doit pas être inhalé en cas d’hypersensibilité au ciclésonide ou à l’un des excipients du médicament (norflurane, éthanol anhydre).
Grossesse et allaitement
Comme pour tout corticoïde, Alvesco ne doit être utilisé pendant la grossesse ou l’allaitement que si le bénéfice attendu pour la mère justifie les risques potentiels pour le fœtus. Le traitement sera alors administré à la dose minimale suffisante pour assurer le contrôle de l’asthme.
Effets indésirables
Les effets indésirables liés au ciclésonide surviennent chez environ 5 % des patients seulement. Ils sont la plupart du temps d’intensité légère et consistent en des nausées, des vomissements, une candidose buccale, une sécheresse locale, une irritation cutanée, des céphalées, une dysphonie ou une toux après inhalation.
Interactions médicamenteuses
Il faut éviter d’associer Alvesco à des inhibiteurs puissants du CYP3A4 tels que le kétoconazole, l’itraconazole, le ritonavir ou le nelfinavir, sous peine d’augmentation du risque d’effets indésirables systémiques du corticoïde.
Conservation
La cartouche d’Alvesco renferme un liquide pressurisé. Elle ne doit donc pas être percée, ni exposée à des températures supérieures à 50 °C.
FICHE TECHNIQUE
Solution pour inhalation en flacon pressurisé, flacon de 60 doses, liste I, remb. SS à 65 %.
→ Ciclésonide 80 µg/dose, 17,62 €, AMM : 34009 390 025 3 8.
→ Ciclésonide 160 ìg/dose, 29,82 €, AMM : 34009 390 029 9 6.
Takeda 01 56 61 48 48
L’ASTHME PERSISTANT
Qu’est-ce que l’asthme ?
L’asthme est une pathologie chronique des voies respiratoires caractérisée par une inflammation des voies aériennes et une obstruction des bronches. L’asthme survient généralement sur un terrain atopique personnel et/ou familial. L’asthme évolue par crises plus ou moins sévères et plus ou moins fréquentes. Les crises se manifestent par un ensemble de symptômes : dyspnée, toux, sibilance, oppression thoracique. Les crises surviennent généralement suite à l’exposition à un facteur déclenchant (allergène, tabac, acariens, effort, air froid, certains médicaments…). L’asthme toucherait 4,35 millions de Français, le pourcentage de patients atteints d’asthme persistant étant compris entre 30 et 50 % selon les données disponibles.
Quels sont les différents stades de l’asthme ?
On distingue l’asthme intermittent (ancien stade I) de l’asthme persistant. L’asthme est qualifié de « persistant » lorsque la fréquence des crises est supérieure à une par semaine, avec plus de 2 épisodes nocturnes par mois. L’asthme persistant est divisé en 3 stades :
– l’asthme persistant léger (ancien stade II) : plus d’une crise par semaine, mais moins d’une crise par jour, avec plus de 2 épisodes nocturnes par mois ;
– l’asthme persistant modéré (ancien stade III) : au moins une crise par jour, avec plus d’un épisode nocturne par semaine ;
– l’asthme persistant sévère (ancien stade IV) : symptômes permanents.
Quels sont les éléments de diagnostic et de suivi ?
L’exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) permet à la fois d’établir le diagnostic, en complément de la symptomatologie au moment des crises, et de suivre l’évolution de la maladie grâce à la détermination du VEMS (volume expiratoire maximum par seconde) et de la CV (capacité vitale). Le DEP (débit expiratoire de pointe) est une aide au suivi qui permet aux patients de surveiller le degré d’obstruction bronchique. Delphine Guilloux
L’AVIS DE LA HAS
→ Service médical rendu important.
→ Pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V) par rapport aux autres corticoïdes inhalés ayant la même indication.
→ Population cible comprise entre 1,05 et 1,76 million de patients.
Dites-le au patient
Lors de la première utilisation, ou après une semaine de non-utilisation, le dispositif doit être amorcé en le déclenchant dans le vide.
L’inhalation est réalisée de préférence en position assise ou debout. Retenir la respiration pendant une dizaine de secondes au moins après l’inhalation.
L’embout buccal est à nettoyer une fois par semaine avec un chiffon sec ou du papier absorbant. Ne pas utiliser d’eau ou tout autre liquide.
L’AVIS DU PHARMACOLOGUE Denis Richard, hôpital Laborit (Poitiers)
Ciclésonide : un corticoïde de plus dans l’asthme
Le ciclésonide est le nouveau-né d’une famille riche de corticoïdes inhalés équivalents, indiqués dans le traitement continu de l’asthme persistant : béclométasone (Asmabec, Béclojet, Béclospray, Bécotide, Bémédrex, Ecobec, Miflasone, Qvarspray, Qvar Autohaler), budésonide (Miflonil, Novopulmon, Pulmicort), fluticasone (Flixotide), mométasone (Asmanex). Cet antiasthmatique apporte-t-il, concrètement, du nouveau ? Les paramètres cinétiques et la galénique du médicament (particules de 1,1 à 2,1 µm) favorisent une action purement bronchique : il est en effet activé in situ, par des estérases. Ses caractéristiques minimisent son dépôt dans l’oropharynx, son passage dans le sang et son action systémique (très fortement lié aux protéines plasmatiques, il est peu actif sur l’homéostasie des corticoïdes physiologiques).
Au-delà de ce profil favorable, le dossier clinique, regroupant plus de dix études, ne fait pas ressortir de différence entre le ciclésonide et le budésonide ou la fluticasone, que ce soit en termes d’efficacité ou de tolérance. Pour la HAS, ce nouvel antiasthmatique ne constitue pas une amélioration par rapport à l’existant. Ce positionnement est conforme à celui de nombreuses publications. Une méta-analyse (base Cochrane, 2008) portant sur plus de 7 200 patients suggère simplement qu’il y aurait moins de candidoses buccales, à posologie similaire, avec le ciclésonide qu’avec la fluticasone. Une autre analyse Cochrane (2013), portant sur l’usage du ciclésonide chez l’enfant (hors AMM en France), confirme son équivalence avec les autres corticoïdes antiasthmatiques. La HAS demande une étude complémentaire évaluant l’efficacité de trois doses de ciclésonide (160, 320, 640 µg/j) chez des patients présentant un asthme modéré à sévère, traités pendant un an. Rendez-vous donc fin 2014.
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