Antidépresseurs : attention au risque hémorragique

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Antidépresseurs : attention au risque hémorragique

Publié le 3 avril 2023
Par Alexandra Blanc
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La prise d’inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) augmente le risque hémorragique. C’est ce que rappelle le centre de pharmacovigilance d’Amiens (Somme) dans son bulletin Vigipharm de février-mars 2023. Une vigilance accrue est donc recommandée chez les patients traités par ces antidépresseurs.

Différentes hémorragies ont été rapportées sous IRS, en particulier des hémorragies gastro-intestinales, intracrâniennes et du post-partum. Cet effet indésirable est dû à l’inhibition des transporteurs qui permettent l’entrée de la sérotonine dans les plaquettes empêchant leur activation. L’agrégation plaquettaire est ainsi diminuée ce qui peut mener à des accidents hémorragiques. Certains facteurs majorent le risque d’hémorragies gastro-intestinales des IRS dont les comorbidités augmentant le risque de saignements (tabagisme, alcool, âge) ainsi que certaines associations médicamenteuses (anticoagulants et antiagrégants en premier lieu mais également les anti-inflammatoires non stéroïdiens – AINS). Par ailleurs, le CRPV d’Amiens avait déjà précédemment fait état d’un risque majoré de 50 % d’hémorragies intracrâniennes dans les 1 à 30 jours suivant l’introduction d’un AINS chez des patients sous antidépresseurs.

Le risque hémorragique est retrouvé avec les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (fluoxétine, paroxétine, sertraline, citalopram, escitalopram) mais également avec les inhibiteurs non sélectifs (duloxétine, venlafaxine notamment) ainsi qu’avec d’autres antidépresseurs tels que les antidépresseurs tricycliques (amitriptyline, imipramine, etc.) qui inhibent de façon plus ou moins sélective la recapture de la sérotonine.

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