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Les Marseillais en appellent à Notre-Dame-de-la-Garde

Publié le 8 novembre 2008
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Au pays de l’OM, La Provence a forcément la métaphore footballistique : « Marseille : 1, Bordeaux : 6. Dans une ville de 830 000 habitants, la seule officine assurant une permanence de 20 h à 8 h est dans le centre. » Le quotidien s’appuie sur un sondage réalisé en ligne. A la question « Marseille ne compte qu’une pharmacie de garde la nuit en centre-ville. Trouvez-vous cela suffisant ? », 92 % des internautes (sur un total de 350) ont répondu « Non, il en faudrait au moins deux sur les secteurs nord et sud, voire plus. » Charles Fauré, président du syndicat des pharmaciens, s’insurge : « La question est posée de telle sorte que l’on réponde par l’affirmative. Tout le monde veut une pharmacie au bas de chez lui ! Le système mis en place (5 officines volontaires du centre-ville assurant les gardes de nuit alternativement) est suffisant. Comparer Marseille à Bordeaux est une hérésie. Chez nous, l’officine est ouverte toute la nuit et délivre des médicaments avec ou sans ordonnance, urgence ou pas. Pas à Bordeaux. On totalise 6 officines de garde dans l’agglomération. »

Peu de réelles urgences

Charles Fauré donne des chiffres : « Le week-end, l’officine de garde voit passer 80 clients dont 60 entre 20 heures et minuit. En semaine, les chiffres tombent à 30 dont 25 en première partie de nuit. Par ailleurs, 60 % des clients sont munis d’une ordonnance et on compte au maximum 5 réelles urgences par nuit. Nous sommes une des seules professions privées à assurer un service public, pour un CA très faible, la moyenne des ordonnances allant de 13 à 17 euros. »

Dernier entré dans le tableau des volontaires, Edriss Diarra (Pharmacie Moustier) insiste : « Une seule officine suffit quand on sait que la majorité des urgences est en centre-ville. Mais il ne faut pas considérer le seul côté financier. Assurer des gardes fidélise la clientèle et donne une autre image de l’officine. C’est comme si on comparait la médecine de ville avec la médecine d’urgence. » Quant à Monique Le Gal (Pharmacie du Vieux-Port), elle remarque : « La nuit, c’est un autre monde, parfois teinté de grande misère. C’est un aspect important à connaître pour pouvoir y répondre. » Et une autre idée du métier que La Provence ne relate pas.

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