Rugby Club de Toulon : l’enquête s’oriente vers une fraude à l’Assurance maladie

© Un pharmacien lié au Rugby Club de Toulon soupçonné de fraude à l’Assurance maladie - © D. R.

Rugby Club de Toulon : l’enquête s’oriente vers une fraude à l’Assurance maladie

Publié le 8 septembre 2015
Par Matthieu Vandendriessche
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Un pharmacien de Toulon qui travaillait avec le Rugby Club Toulonnais (RCT) fait l’objet d’une enquête de la justice après un signalement de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Mais cette affaire semble s’orienter vers une escroquerie à la Sécurité sociale plus que vers un dossier de dopage.

Une information judiciaire a été ouverte à Marseille après une notification de l’AFLD, a indiqué ce mardi 8 septembre à l’AFP le procureur de la République de Marseille Brice Robin.

« Il s’agit du non-respect de la réglementation du Code de la santé publique en matière de délivrance de médicaments » par des pharmacies de Toulon, a expliqué M. Robin, selon lequel « on est assez éloigné du dopage ». 

Ce 8 septembre dans l’après-midi, l’AFLD et le président du RCT, Mourad Boudjellala, ont confirmé que la procédure n’était pas liée pour l’heure à d’éventuelles pratiques dopantes.

Une procédure normale

Cette ouverture d’enquête, à dix jours du coup d’envoi de la Coupe du monde de rugby, est en fait liée à l’article 40 du code de procédure pénale. Il oblige tout organisme ou autorité publique, comme l’AFLD, à transmettre au procureur les informations qu’il possède s’il prend connaissance d’un crime ou d’un délit quel qu’il soit. Et cela même s’il ne relève pas de ses attributions et de son champ de compétences.

La radio RTL, qui avait révélé ce 8 septembre en début de matinée l’ouverture de l’information judiciaire, a affirmé que l’AFLD « soupçonn(ait) des pharmaciens de Toulon d’approvisionner illégalement des joueurs du RC Toulon en produits », citant des « antibiotiques, antalgiques, mais aussi stéroïdes anabolisants ».

« Le club n’a rien reçu de l’AFLD. Le pharmacien en cause ne travaille plus avec le club depuis un an », a répliqué Mourad Boudjellal, selon qui le RCT avait stoppé toute collaboration avec ce pharmacien après avoir été informé de soupçons d’escroquerie à l’Assurance maladie.

Une trentaine de médecins liés au dossier

Selon Mourad Boudjellal, le pharmacien disposait d’ordonnances vierges du médecin du club en cas d’urgence – une pratique courante, explique-t-il – et serait soupçonné d’avoir établi des fausses prescriptions au détriment de la Sécurité sociale.

« Cette escroquerie s’est faite avec une trentaine de médecins. (…) Ça m’embête pour l’image du club. On salit, ça reste toujours », a poursuivi le président du RCT.

« Je m’étonne: si on achète des produits dopants on ne le fait pas avec sa carte vitale », a-t-il lancé. « Aucun joueur du RCT n’a été inquiété, ni aucun membre du club interrogé », a-t-il précisé, soulignant que les joueurs étaient « extrêmement contrôlés » par l’AFLD, mais aussi « en interne », par le club.

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