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© Getty Images
L’essentiel à retenir sur la maladie de Crohn
À propos de la pathologie
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) regroupent la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn. Cette dernière peut altérer l’ensemble du tube digestif alors que la rectocolite hémorragique atteint le rectum et tout ou partie du côlon. Les localisations les plus fréquentes de la maladie de Crohn concernent l’iléon, le côlon et l’anus. L’atteinte iléocolique droite (touchant une partie de l’iléon et le côlon droit) étant la plus fréquente.
La maladie évolue par poussées qui se traduisent par des signes digestifs, diarrhées et douleurs abdominales, et une fatigue importante. Des nausées et vomissements sont possibles lors d’atteintes de parties hautes du tube digestif. Des lésions anopérinéales douloureuses sont fréquentes : fissures, ulcérations, par exemple. Elles peuvent être responsables de complications à type de fistules (fissures de la paroi intestinale), d’abcès et de sténoses.
L’iléocoloscopie avec biopsies systématiques confirme le diagnostic.
À propos du traitement
L’objectif est d’obtenir une rémission des symptômes et, à plus long terme, une cicatrisation de la muqueuse intestinale pour limiter le risque de nouvelles poussées, de complications et de chirurgie.
Les corticoïdes (par voie systémique ou d’action locale – budésonide – dans les formes iléocoliques) sont prescrits en première intention au cours des poussées pour une durée inférieure à 3 mois, sauf dans le cas de formes sévères (lésions anopérinéales) exigeant impérativement un traitement par antifacteur de nécrose tumorale alpha (TNFα).
En cas d’échec (corticorésistance ou récidive à l’arrêt de la corticothérapie), un immunosuppresseur conventionnel (azathioprine, voire méthotrexate) et/ou un anti-TNFα (adalimumab, infliximab) est introduit en traitement de fond au long cours.
En cas d’échappement ou d’intolérance à l’anti-TNFα, plusieurs options sont possibles : augmentation des doses ou changement d’anti-TNFα, ou recours à une autre biothérapie (risankizumab, ustékinumab, védolizumab). Du fait de ses effets indésirables cardiovasculaires et thromboemboliques notamment, le recours à l’upadacitinib, inhibiteur de Janus kinase, est une option lorsque des alternatives sont moins appropriées.
Tous les traitements de fond augmentent le risque infectieux, en particulier respiratoire. L’azathioprine nécessite une surveillance hématologique et hépatique régulière.
Conseils aux patients
L’arrêt du tabac, à la fois facteur de risque et élément aggravant de la maladie, est fortement recommandé. Hormis au cours des poussées où il convient de limiter l’apport en fibres, l’alimentation doit être la plus diversifiée possible. Une alimentation de type méditerranéen, pauvre en aliments ultratransformés, est associée à une diminution du risque de développer des MICI.
Sous traitement de fond, tout signe infectieux nécessite de contacter rapidement le médecin. Les vaccinations recommandées en population générale doivent être mises à jour si besoin et complétées par les vaccinations contre le pneumocoque, les papillomavirus (pour les personnes éligibles) et annuellement contre la grippe et le Covid-19.
Sous azathioprine notamment, le risque accru de cancers requiert une photoprotection et un suivi dermatologique et gynécologique annuel.
En cas d’atteinte colique étendue, un dépistage du cancer colorectal par coloscopie est préconisé après 7 à 8 ans d’évolution de la maladie.
Avec l’aimable relecture de la Dre Mélanie Serrano, hépato-gastroentérologue à l’hôpital Nord de Marseille (Bouches-du-Rhône), du Dr Romain Altwegg, hépato-gastroentérologue au centre hospitalier universitaire de Montpellier (Hérault) et du Pr Mathieu Uzzan, hépato-gastroentérologue à l’hôpital Henri-Mondor à Créteil (Val-de-Marne).
Article issu du cahier Formation du n°3545, paru le 18 janvier 2025.
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